Vendredi dernier, Donald Trump a évoqué sa nouvelle stratégie de sécurité nationale, qui fait explicitement référence à une version modernisée de la Doctrine Monroe, désormais appelée par certains analystes le “Trump Corollary”.
Derrière cette annonce, il y a plus qu’un simple débat politique américain.
Il y a un changement de posture qui peut influencer directement l’économie canadienne et québécoise.
Un peu de contexte : c'est quoi, la Doctrine Monroe ?
En 1823, le président américain James Monroe affirme que l’hémisphère occidental appartient à la zone d’influence naturelle des États-Unis.
En termes simples, Washington disait :
👉 « L’Amérique, c’est notre backyard. »
Même si la doctrine n’a pas été appliquée immédiatement (les États-Unis n’étaient pas encore une puissance), elle devient très active entre 1890 et 1930, période durant laquelle les États-Unis interviennent régulièrement en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Exemples historiques : Cuba, Panama, Nicaragua, République dominicaine, Haïti, Mexique.
Cela a façonné plus d’un siècle de relations interaméricaines.
Et aujourd’hui ? Pourquoi une version modernisée change la donne
La version évoquée récemment, surnommée “Trump Corollary”, suggère une stratégie beaucoup plus directe :
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renforcement de l’influence américaine dans l’hémisphère,
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contrôle accru des chaînes d’approvisionnement jugées essentielles,
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protection de la production manufacturière,
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priorité donnée aux intérêts économiques américains dans tout le continent.
Ce n’est pas seulement une posture militaire :
👉 c’est une vision économique globale qui pourrait durer.
Pourquoi le Canada doit porter attention
Pour nous, au Canada et au Québec, cela signifie que :
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les tarifs commerciaux imposés récemment ne sont pas accidentels,
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la guerre commerciale Canada–États-Unis n’est pas une simple chicane politique,
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le rapatriement d’usines américaines pourrait s’intensifier,
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notre accès à certains produits ou matériaux pourrait devenir plus instable.
Autrement dit :
👉 La stratégie américaine pourrait redéfinir nos propres chaînes d’approvisionnement, nos coûts et nos relations économiques.
Nous ne contrôlons pas ces décisions…
Mais nous pouvons contrôler comment nous nous préparons.
Pourquoi l’achat local devient essentiel, pas juste patriotique
Dans un monde où notre voisin réoriente sa politique pour renforcer son contrôle économique sur tout l’hémisphère, l’achat local prend une nouvelle dimension.
Ce n’est plus seulement un geste de solidarité.
C’est un geste de protection économique.
Acheter local, c’est :
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réduire notre dépendance aux produits importés qui pourraient subir des hausses de prix,
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renforcer nos producteurs et nos PME, qui deviennent des piliers de stabilité,
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sécuriser des emplois ici, plutôt que de dépendre de décisions prises ailleurs,
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bâtir une résilience économique face aux incertitudes géopolitiques.
Chaque produit québécois que l’on choisit n’est pas qu’une gourmandise :
👉 C'est un appui concret à notre autonomie économique.
En conclusion
On ne peut pas influencer la stratégie américaine.
Mais on peut choisir comment on bâtit notre force ici, chez nous.
Et parfois, ça commence tout simplement par ce qu’on met dans notre panier :
des produits d’ici, créés par des artisans d’ici, pour protéger l’économie d’ici.
